Salaire freelance : ce qui te reste vraiment à la fin du mois en 2026

« Tu factures 400 € par jour ? Tu dois gagner une fortune. » On me l'a dit plus d'une fois. En réalité, entre le chiffre d'affaires et ce qui arrive sur ton compte perso, il y a un écart que peu de gens calculent avant de se lancer.

Je te donne ici le calcul complet, avec les chiffres 2026, pour un freelance en micro-entreprise. C'est le statut de la grande majorité des indépendants qui démarrent.

Et il y a un deuxième écart, celui dont on parle encore moins : la régularité. Mon revenu de freelance fait du yo-yo. Certains mois, j'ai des missions cinq jours par semaine. D'autres, c'est un jour par semaine pendant un mois. Ce sont de vraies montagnes russes. Tout l'enjeu est d'apprendre à lisser, puis à stabiliser tes revenus dans le temps. J'y reviens plus bas.

Un freelance n'a pas de salaire

En micro-entreprise, tu ne te verses pas de salaire. Tu encaisses un chiffre d'affaires, tu paies tes cotisations dessus, tu règles tes frais, et ce qui reste est ton revenu.

Le calcul tient en quatre lignes :

  • chiffre d'affaires = ton TJM × tes jours facturés ;
  • moins tes cotisations sociales, calculées sur le chiffre d'affaires ;
  • moins tes frais professionnels (logiciels, matériel, assurance, coworking) ;
  • moins ton impôt sur le revenu.

Étape 1 : tes vrais jours facturés

Une année compte environ 220 jours ouvrés. Tu n'en factureras pas 220. Il faut retirer tes congés, les jours de prospection, l'administratif, la formation et les creux entre deux missions.

En pratique, un freelance facture entre 150 et 180 jours par an. J'utilise 170 jours dans les exemples ci-dessous. Si tu démarres, compte plutôt 120 à 150 jours la première année.

Étape 2 : les cotisations sociales 2026

En micro-entreprise, elles sont un pourcentage fixe de ton chiffre d'affaires :

  • 25,6 % pour la plupart des activités libérales (conseil, développement, design, marketing…) ;
  • 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales ;
  • 23,2 % pour les professions qui relèvent de la Cipav.

Si tu as droit à l'ACRE, ces taux baissent de 25 % pendant les premiers trimestres. Attention aussi au plafond : au-delà de 83 600 € HT de chiffre d'affaires par an, la micro-entreprise ne suffit plus.

Étape 3 : tes frais, que tu ne peux pas déduire

C'est la limite de la micro-entreprise : tes cotisations sont calculées sur ton chiffre d'affaires, pas sur ton bénéfice. Tes frais réduisent ce qui te reste, mais pas ce que tu paies à l'Urssaf.

Pour un freelance du digital, compte autour de 400 € par mois : logiciels, téléphone, assurance RC Pro, matériel amorti, parfois un coworking.

Le calcul complet pour un TJM de 400 €

Un freelance en activité libérale, à 400 € par jour, sur 170 jours :

  • chiffre d'affaires : 400 € × 170 jours = 68 000 € ;
  • cotisations sociales (25,6 %) : 17 408 € ;
  • frais professionnels (400 € × 12) : 4 800 € ;
  • revenu avant impôt : 45 792 € par an, soit environ 3 816 € par mois.

Reste l'impôt sur le revenu. Si tu choisis le versement libératoire (2,2 % du chiffre d'affaires en activité libérale, sous conditions de revenus du foyer), il te coûte 1 496 €, et il te reste environ 3 691 € par mois. Sinon, ton revenu entre dans le barème classique avec les autres revenus de ton foyer.

Retiens l'ordre de grandeur : ton revenu net avant impôt tourne autour de la moitié à deux tiers de ton chiffre d'affaires une fois les frais payés.

Le tableau par TJM

Même hypothèses : activité libérale, 170 jours facturés, 400 € de frais par mois, avant impôt sur le revenu.

TJMChiffre d'affairesCotisations (25,6 %)Revenu avant impôt / anPar mois
250 €42 500 €10 880 €26 820 €≈ 2 235 €
300 €51 000 €13 056 €33 144 €≈ 2 762 €
400 €68 000 €17 408 €45 792 €≈ 3 816 €
450 €76 500 €19 584 €52 116 €≈ 4 343 €

Au-delà de 450 € par jour sur 170 jours, tu dépasses le plafond de 83 600 €. À ce niveau, une SASU ou une EURL deviennent souvent plus logiques. Je compare les trois statuts dans mon guide des statuts.

Ce que le chiffre ne montre pas

Comparer ton revenu de freelance à un salaire net, c'est oublier ce que le salarié reçoit sans le voir :

  • pas de congés payés : chaque semaine de vacances est une semaine sans chiffre d'affaires ;
  • pas de chômage si tes clients s'arrêtent, en dehors de dispositifs très encadrés ;
  • une retraite plus faible à revenu égal, et une mutuelle à payer toi-même ;
  • des revenus irréguliers : un mois à 6 000 €, le suivant à 1 500 €. Garde toujours une réserve de trésorerie.

À l'inverse, tu choisis tes clients, ton rythme et tes tarifs. Et un bon freelance peut augmenter son TJM bien plus vite qu'un salarié son salaire.

Ce qu'il faut retenir

Ton revenu de freelance est confortable si :

  • tu as fixé ton TJM à partir du revenu que tu vises, et pas l'inverse ;
  • tu factures au moins 150 jours par an ;
  • tu mets de côté de quoi tenir deux ou trois mois creux.

Il risque de te décevoir si :

  • tu compares ton TJM à ton ancien salaire journalier ;
  • tu comptes 220 jours facturés ;
  • tu oublies les cotisations au moment de dépenser ton chiffre d'affaires.

Pour calculer ton propre tarif plancher, utilise le simulateur de TJM. Et si tu n'as pas encore franchi le pas, commence par les 8 étapes pour devenir freelance.

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